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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/179

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L’ÉPOUVANTE

la voix nasillarde des demoiselles, s’envoyant des numéros d’appel. Et, tout à coup, parmi tout ce bruit, toute cette friture, il entendit quelqu’un qui disait : « Le journal le Monde ? ».

Il se pencha vivement sur la plaque et protesta :

— Pardon, Monsieur, pardon, j’ai demandé avant vous…

— Désolé, mais c’est moi qu’on a servi. Allô, le Monde ?…

— C’est un peu violent ! Allô, Mademoiselle !

On riait à l’autre bout du fil.

Il trépigna de rage.

— Allô, Mademoiselle, nous sommes deux sur la ligne…

— J’entends bien. Mais ce n’est pas de ma faute. Retirez-vous…

— Non, non !… Voilà un quart d’heure que j’attends, j’en ai assez. Passez-moi la surveil…

Il n’acheva pas sa phrase, et décrochant sans bruit l’autre récepteur, se mit à écouter. La conversation lui arrivait subitement distincte. Il entendait les questions et les réponses. Jamais la ligne ne lui avait semblé aussi tranquille, et