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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/158

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L’ÉPOUVANTE

sourire. Au Monde, un nommé Béjut, la veille encore chargé de la Chambre des Députés, avait pris sa succession. Sans doute, s’autorisant de l’information sensationnelle parue dans le journal, il avait revu le Commissaire de police, car il précisait avec une autorité où l’on devinait le « renseignement puisé à la bonne source ».

Quand il eut fini sa lecture, Coche replia les journaux, et les mit dans la poche de son pardessus.

— Ainsi, pensa-t-il, il a suffi de deux ou trois meubles déplacés, de ma mise en scène maladroite, pour tout fausser ! Ainsi la police qui est payée pour avoir du flair, se laisse prendre au premier appeau placé sur son passage ! Ainsi, à côté de tout ce qui aurait dû avoir un poids réel dans la balance, à côté de la disparition de l’argenterie, à côté de la position même du cadavre qui indiquait avec une effrayante netteté que le crime a été commis au moins par deux hommes, on n’a vu que mon pauvre bouton de manchette, et là-dessus, on a bâti tout un roman ! Et il ne se trouve pas dans la presse un seul homme capable de démêler ce