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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/144

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L’ÉPOUVANTE

opinion de journaliste. Enfin, était-il logique qu’un homme se fit l’historien d’un meurtre dont il devait être accusé ?

De plus, une pareille épreuve ne pouvait avoir une durée indéfinie. Lancée sur une fausse piste, la police pouvait fort bien s’entêter, ne rien trouver, et finalement classer l’affaire. Alors, à moins d’en arriver à la dénonciation anonyme et précise, lui, Coche, ne serait pas inquiété, et cela, il ne le voulait à aucun prix.

Il hésita sur le point de savoir s’il rentrerait chez lui, et décida de ne plus reparaître dans sa maison. Il avait en poche un millier de francs, l’indemnité qu’il avait touchée au Monde. C’était plus qu’il ne lui en fallait pour vivre pendant quelques semaines. Son existence serait, du reste, peu coûteuse : Une chambre dans un quartier éloigné, des repas dans de petits restaurants ; quant aux sorties, elles se réduiraient forcément au minimum. De ce côté-là, il se trouvait parfaitement tranquille. Son départ précipité prendrait, le jour où les soupçons se dirigeraient sur lui, l’aspect d’une fuite, et les déductions que l’on ne manquerait pas de tirer