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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/143

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L’ÉPOUVANTE

Puis, ayant serré la main au secrétaire de rédaction, il sortit.

Dans la rue, perdu parmi les passants, se faufilant entre les fiacres, marchant vite, il poussa un soupir de soulagement.

Quelques minutes lui avaient suffi pour établir tout son plan de bataille. En entrant au journal, il était agité, préoccupé. Depuis la veille, les événements s’étaient succédé avec une rapidité telle qu’il n’avait pas eu le temps de songer d’une façon définitive à l’attitude qu’il lui convenait de prendre. Son but était, sinon d’égarer la police, du moins de la faire hésiter, de l’attirer vers lui, sans effort apparent, et de l’occuper à ce point qu’elle finît par regarder de son côté, par voir en lui le coupable possible, et, en fin de compte, par l’arrêter.

Or, pour arriver à ce résultat, il avait besoin d’être libre, de n’être retenu par rien, de pouvoir au gré de son caprice, modifier sa vie, ses habitudes, enfin de n’être attaché à personne. Collaborateur au Monde, il ne pouvait pas publier ce qu’il savait, sous sa signature. Et, l’eût-il publié, ses phrases n’auraient eu d’autre valeur qu’une