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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/134

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L’ÉPOUVANTE

par un hasard curieux, il était assis à la même place. Il songea d’abord à détourner la tête afin de n’être pas reconnu, puis se dit qu’après tout, bien fin qui pourrait voir quoi que ce soit d’extraordinaire à ce qu’un consommateur de la nuit revînt le lendemain. Personne ne faisait attention à lui. La caissière rangeait ses petits plateaux de sucre, les garçons mettaient le couvert, et le patron, assis auprès du poêle, lisait tranquillement les journaux.

Il acheva donc son récit, répondit de la meilleure grâce du monde aux questions supplémentaires qu’on lui posa, avec la double satisfaction de permettre à des confrères de rédiger leur papier sans fatigue, et de garder pour lui le bénéfice de son reportage sensationnel.

Ils sortirent enfin. Les uns montèrent en voiture, le journaliste méridional se hâta vers le Métro. Quant à lui, prétextant des courses à faire dans le quartier, il s’en alla à pied, tout doucement, heureux d’être enfin seul, libre de penser, sans avoir la préoccupation constante de l’attitude à conserver, et des mots à ne pas dire.

Il déjeuna dans un restaurant de cochers, par-