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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/126

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L’ÉPOUVANTE

plaisir, et qu’au lieu de déduire logiquement des faits un commencement de preuve, il s’efforçait de jouer la difficulté. Il n’était pas jusqu’aux choses les plus simples, qui ne prissent pour lui l’aspect d’indices sérieux. Parti sur une fausse piste, il ramenait à son idée première les faits les plus divers. Ayant écarté, dès la première minute, l’hypothèse d’un crime de rôdeurs — la seule véritable, et la plus plausible en tous cas — il interprétait tout en fonction de sa théorie personnelle. Au premier pas, sans hésitation, tête baissée, on était allé donner dans le piège que lui, Coche, avait tendu. Lorsque le Commissaire avait dit :

« On a imaginé une mise en scène capable d’égarer la Justice… »

Coche avait cru que le magistrat, doué d’une rare pénétration d’esprit, avait entrevu la vérité, alors qu’en réalité il l’entourait d’un nuage plus épais, la protégeait derrière une barrière plus infranchissable. Ainsi, non seulement sa ruse n’était pas soupçonnée, mais, par une extraordinaire transposition des faits, pour l’homme chargé de guider les premières recherches, tout