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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/125

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L’ÉPOUVANTE

qu’aussi bien, dans une heure, tous les bijoutiers de Paris, et demain tous les bijoutiers de France le sauront, j’ai trouvé par terre un fragment de bouton de manchette dit à chaînette qui appartenait vraisemblablement à la victime… Enfin, et ceci pour n’être qu’un argument psychologique n’en a pas une moindre valeur à mes yeux, l’ordre — si je puis m’exprimer ainsi — qui régnait dans le désordre ; je ne sais quel souci de propreté, mêlé à l’horreur du massacre, me permettent d’affirmer que le crime est l’œuvre d’un personnage appartenant à une classe plutôt élégante de la Société ; que ce personnage est un être parfaitement équilibré, doué d’un rare sang-froid, et qu’il a agi seul… Je vous dirai encore… Mais je vous en ai déjà trop dit…

Coche avait écouté le Commissaire sans l’interrompre. Son inquiétude du début avait fait place à une satisfaction profonde. Son plan si vite établi, si rigoureusement exécuté, n’échouerait pas, il en était sûr maintenant. Bien plus, sa mise en scène suggérait à la police des idées auxquelles lui-même n’avait pas songé. On eût dit que le Commissaire compliquait les choses à