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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/122

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L’ÉPOUVANTE

La voiture roulait doucement, secouée par le trot inégal du cheval poussif. La lumière, un instant plus vive sous la caresse du soleil frileux, commençait à s’éteindre. Une ombre grise descendait du ciel plus bas. La neige se mit à tomber, d’abord en une poussière fine, puis à gros flocons serrés et lourds qui descendaient verticalement dans le grand silence du boulevard désert.

Les deux hommes se taisaient, plongés dans leurs réflexions. Coche effaça du bout des doigts la buée du carreau et regarda le sol, les maisons et les flocons de neige. Il aurait bien voulu savoir ce que pensait le Commissaire, ce qu’il avait vu, ce qu’il croyait, mais, par une prudence excessive, il hésitait à parler le premier. Pourtant, se rendant compte que son mutisme pourrait sembler surprenant, il demanda :

— En somme, votre avis sur cette affaire, Monsieur le Commissaire ? Est-ce le crime banal ayant le vol pour mobile, ou pensez-vous qu’on doive lui chercher des causes plus obscures, plus lointaines ?…

— S’il faut vous donner ma pensée exacte, je