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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/116

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L’ÉPOUVANTE

ment. La porte s’était ouverte. Il fit un pas et s’arrêta, très ému.

Ce retour dans la chambre où il avait passé des minutes si effrayantes, était doublement impressionnant. En l’espace d’une seconde il déplora son projet de la veille, et la curiosité qui l’avait poussé à revoir ce spectacle. D’un geste machinal, sans oser regarder autour de lui, il se découvrit.

Chose étrange, lui qui n’avait pas craint de fouiller les papiers épars, de remuer les linges maculés de sang, de toucher même ce cadavre, à l’heure où tout était danger, où, ignorant des êtres et des lieux, il risquait sa vie pour un geste, pour un murmure, il tressaillit et retrouva en lui cette peur imprécise, inexplicable, et souveraine qui, la veille, l’avait étreint sur le boulevard solitaire, près du quartier de gendarmerie.

— Faites bien attention, lui dit le Commissaire. Ne touchez à rien… ne déplacez rien, même pas ce morceau de verre, là… sous votre pied… Rien n’est négligeable, en pareil cas… là… là… C’est un fragment de bouton de man-