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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/109

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L’ÉPOUVANTE

Coche ne le laissa pas formuler sa phrase et, très naturellement, poursuivit :

— J’ai regardé, oh ! regardé passionnément, furieusement, comme doit regarder un être qui n’a plus que le sens de la vue pour le guider ; regardé comme regarde un sourd, comme écoute un aveugle. Toute mon intelligence, toute ma volonté de comprendre a passé dans mes yeux, et mes yeux travaillant seuls, sans le secours de mes autres sens, mes yeux ont vu une chose à laquelle vous n’avez pas, je crois, prêté la moindre attention, une chose qui peut être sans intérêt, comme elle peut être d’une importance capitale, une chose qu’il faut voir aujourd’hui, car elle aura sans doute disparu demain… ce soir… dans une heure…

— Et cette chose ?

— Si vous voulez bien vous retourner, vous la distinguerez, non pas aussi bien que moi, car elle s’est effacée depuis une heure, mais assez cependant pour que vous regrettiez, j’en suis certain, de n’y avoir pas fait attention plus tôt.

Cette chose c’est l’empreinte d’un pied marqué sur la terre, c’est cette petite tache qui se dessine