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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/105

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L’ÉPOUVANTE

un à-compte à son restaurateur. Mais, quoi ! Par une vaine pitié, par une sensiblerie de grisette, allait-il tout gâter, déflorer son information, risquer de perdre une partie si bien engagée ?… Plus tard, il le dédommagerait. Pour l’instant, cette affaire était son affaire. La bonne camaraderie ne lui avait pas si bien réussi, qu’il lui sacrifiât une pareille chance de succès.

Petit à petit, il sentait l’énervement de l’attente l’envahir. Il était partagé entre la joie secrète de savoir la police en train de patauger, et la curiosité de connaître les détails de cette constatation. Entre temps, il écoutait les bavardages de la foule, essayant d’attraper un mot qui le renseignât sur l’identité de la victime, ses habitudes, sa façon de vivre. Car, il se trouvait dans cette situation bizarre, de connaître mieux que personne une partie de la vérité, la partie passionnante, terrible, mais d’ignorer, de la façon la plus absolue, cette chose que n’importe qui pouvait savoir : le nom de l’assassiné.

Des bribes de phrases qu’il entendait, il ressortait que personne n’était plus avancé que lui.

Des voisins racontaient que le vieillard sortait