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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/101

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L’ÉPOUVANTE

Coche regarda sa montre. Il était neuf heures et trois minutes.

À cet instant précis, la justice savait une partie de ce que lui savait depuis la nuit. Il avait exactement huit heures d’avance sur elle. Il s’agissait de ne pas les perdre, mais, avant tout, il importait de connaître l’impression première du Commissaire.

Cette première impression — qui, généralement, est la mauvaise — influe considérablement, sur la marche de l’instruction. Le mauvais policier part en aveugle sur la première piste venue, cherchant surtout à « faire vite » ; le vrai limier, lui, sans se départir jamais de son calme, avance lentement, certain que le temps n’est jamais perdu quand il a été employé d’une façon judicieuse, et que la déduction la plus logique a moins de valeur que l’indice infiniment petit qu’on découvre toujours, lorsqu’on sait regarder.

Les curieux étaient venus en si grand nombre qu’on avait dû établir un service d’ordre. On avait dégagé les abords de la maison, et, dans un demi-cercle vide, Coche et quelques journalistes arrivés en hâte causaient avec animation.