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LES ESSAIS DE MATHURINE
S. L. ni D. In-8. de 16 pages.

Quand je considère ma vie, je la trouve assaisonnée de beaucoup d’utilitez, encore que, passant par les ruës, les petits enfans clabaudent après moy : Aga ! Mathurine la folle ! Il est vray que je suis un peu entachée de cette maladie-là ; mes sens peuvent estre quelque petit rances, et mon imagination tant soit peu moisie et disloquée. Cela m’est survenu des reliques d’un coup de carabine que je reçus en l’esprit à certain balet de Caresme-prenant. Baste ! si je suis folle, c’est à l’occasion, laquelle j’ay sceu empoigner si bravement, qu’il m’en revient tous les ans plus de vingt et treize jacobus1 de rente foncière2, sans compter le tour du baston. Il y en a qui pensent estre d’estoffe de


1. Le jacobus, monnoie d’or à l’effigie de Jacques Ier, d’une valeur de 14 fr. 70 cent., d’après l’évaluation moderne, avoit alors cours en Angleterre.

2. Allusion à la pension de 1,200 livres que Mathurine, comme nous l’avons dit plus haut, recevoit de la cour.