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me rouait de coups. Ses absences, dont je me félicitais tout d’abord, devinrent de plus en plus fréquentes, de plus en plus longues. Une fois je demeurai enfermé pendant trois jours. Je ne risquais pas de mourir de faim, car il me restait un sac de biscuits. Néanmoins, j’eus peur. Si mon père s’était noyé en traversant le fleuve ? J’avais essayé, à bien des reprises, de sortir de la cabane, mais toujours en vain.

Préparatifs d'évasion.

Les fenêtres et la cheminée n’auraient pas livré passage à un gros chat. La porte se composait d’épaisses planches de chêne, solidement ajustées. Mon père, avant de s’éloigner, ne manquait jamais d’enlever la hache et les autres outils qui m’auraient permis de m’échapper. J’avais fouillé partout inutilement une centaine de fois. Je n’avais rien à faire et cela m’aidait à passer le temps. Enfin, à force de chercher, je trouvai au fond d’un coffre à bois une vieille scie rouillée. Je la graissai et je me mis aussitôt à l’œuvre. Derrière la table, contre un des murs, on avait cloué un bout de tapis pour empêcher le vent d’éteindre la chandelle. Les bûches qui formaient les murs du log-house ne