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XXXII
coups de fusil.


Le petit Phelps ouvrit la cage.

Le lendemain, à peine réveillé, Tom s’habilla à la hâte et courut à la ville où il acheta une grande ratière. Cette trappe-là valait l’argent qu’elle lui coûtait. À son retour, j’avais déjà débouché les meilleurs trous du cellier et une heure après nous tenions quinze ou seize beaux rats que nous comptions porter chez Jim dans l’après-midi. En attendant, nous les cachâmes sous le lit de tante Sally. L’endroit était mal choisi. Pendant que nous cherchions des araignées dans le grenier, le petit Franklin Jefferson Phelps aperçut par hasard la cage et l’ouvrit pour voir si les rats sortiraient. Ils ne demandaient qu’à déménager — un bébé d’un an aurait dû le deviner rien qu’à la façon dont ils grignotaient les barreaux de leur prison. Lorsque nous revînmes, tante Sally était perchée sur une chaise, criant comme si on l’écorchait et effrayant les pauvres bêtes, qui se sauvaient de tous les côtés, excepté du côté de la cage. Il nous fallut au moins deux heures pour les remplacer, et, pour l’entrain ou la vivacité, les nouveaux venus ne méritaient pas d’être comparés aux premiers. Tante Sally s’en prit à nous,