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sans tenir compte de celles des États et des districts, en primes pour les volontaires et en fournitures de toutes sortes, devrait avouer qu’il n’est pas parvenu au total et que son évaluation est incomplète. Ce n’est pas tout : il est certains pays, soit primitifs, soit avancés, où l’initiative individuelle a un très-grand essor, et où les dépenses privées pour la guerre viennent singulièrement accroître les dépenses publiques. Les dons faits au czar par l’aristocratie russe, tout ce que le patriotisme anglais ou américain a largement dépensé en subsides, en fournitures, en pensions, il faut aussi en tenir compte ; pour la Russie ou l’Angleterre, ces dépenses privées se chiffrent par plus de cent millions, pour l’Amérique par plus d’un milliard.

Enfin, quand nous aurons fait tous ces calculs, serons-nous au bout de notre tâche ? Non, certes. Toutes les pertes privées, le ravage des champs, la destruction des récoltes ; en cas de siège ou de guerre maritime la ruine des villes, la destruction des navires ; toutes ces pertes d’une évaluation impossible, si on ne peut les calculer, il faut toujours les avoir devant les yeux ; et ce n’est pas encore tout : à côté de ces pertes que nous appellerons positives, qui se manifestent par la destruction matérielle d’une richesse acquise, il faut tenir compte des pertes que nous appellerons négatives, qui consistent dans la stagnation des affaires, la langueur du commerce, l’arrêt de l’industrie. Toutes