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l’exactitude possible, les pertes matérielles, tant en argent qu’en hommes, des grandes guerres qui ont affligé l’humanité depuis 1853 jusqu’à 1866, et ce que l’on peut appeler, en se servant de l’expression pittoresque d’un de nos députés : la carte à payer de chaque guerre.

Le terrain sur lequel nous entrons n’a pas été partout déblayé. Les pertes matérielles se divisent en pertes d’hommes et en pertes d’argent ; les pertes d’hommes, ce sont les statistiques, les pertes d’argent, ce sont les budgets qui nous les révèlent.

Une minutieuse exactitude est souvent difficile à atteindre. Pour les pertes d’hommes les documents officiels abondent, mais ils se contredisent : la plupart paraissent trop tôt après la guerre ; cette précipitation est une cause d’inexactitude considérable. Pour les deux grandes guerres de Crimée et d’Amérique, et pour la guerre du Schleswig, en ce qui concerne la Prusse, il nous a été permis d’arriver à une précision complète. C’est que ces guerres ont été l’objet de grands travaux d’ensemble où les pertes ont été étudiées, comptées et classées méthodiquement avec art et avec science. Les rapports officiels sur la guerre de Crimée présentés au parlement anglais, le remarquable livre du docteur Chenu, les divers mémoires composant la medical and chirurgical history of the rebellion, la publication toute récente du docteur Lœffler sur la campagne du Schleswig, sont des travaux d’une rigueur