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bre égal de rentiers un seul capitaliste peut être propriétaire de dix, douze, vingt inscriptions nominatives dans les cinq catégories de rentes perpétuelles qui existent en France, à savoir le 3 p. 100 ancien, le 3 p. 100 amortissable, le 4 p. 100, le 4 1/2 p. 100 et le 5 p. 100. Une statistique des rentiers, même par ordre d’importance, serait donc de peu de secours.

Si les documents semblent ainsi manquer pour guider l’économiste dans ses recherches sur la répartition de la richesse et des revenus en France, on finit avec un peu de zèle par rencontrer sur ce point des indications précieuses et plus dignes de foi que celles qui existent dans la plupart des pays. Ces informations, ce sont d’abord celles qui concernent les cotes foncières mais elles sont encore défectueuses. Des renseignements plus sûrs, tout à fait topiques, mais qui ont le malheur de n’être que partiels, ce sont ceux qui concernent les loyers dans les grandes villes, à Paris notamment, et qui proviennent des statistiques de l’impôt mobilier, ce sont aussi ceux qui se rapportent à l’impôt sur les chevaux et voitures. On peut y joindre encore les statistiques des enterrements des différentes classes, d’après les relevés des Pompes funèbres. L’importance des gros revenus peut, avec une suffisante exactitude dans l’ensemble, être appréciée d’après ces indices. Il suffit de connaître les mœurs françaises, les habitudes parisiennes, pour savoir, par exemple, quel est le revenu qui correspond en général, en mettant de côté les exceptions négligeables, à un loyer déterminé.

Commençons cette étude statistique par l’Allemagne et particulièrement par le royaume de Prusse qui est le pays sur lequel nous avons les informations les plus précises. Il existe en Prusse des impôts qui permettent de se faire une idée assez exacte de la distribution des revenus du pays. Ces impôts sont l’Einkommensteuer et la Classensteuer. Quoique portant deux noms différents que l’on doit traduire en français par « l’impôt sur le revenu » et « l’impôt de classes », ces deux taxes sont en réalité deux parties d’un même impôt. L’une et l’autre frappent l’ensemble des revenus du contribuable, avec cette diffé-