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CHAPITRE XVII

DE L’INFLUENCE DU DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL SUR LES LOISIRS, SUR LA FACILITÉ DU TRAVAIL, ETC.


La civilisation se mesure à l’accroissement simultané et des produits et des loisirs. — De l’utilité des loisirs pour)a grande masse de la nation. — Objections ; réponse. — Pourquoi les loisirs ont parfois été plus nuisibles qu’utiles à la classe ouvrière c’est une situation transitoire et qui tient encore à la phase chaotique de la grande industrie.

Excès de travail dans les premières manufactures. — Justes récriminations de Sismondi, Blanqui et Villermé. — Les trois causes qui rendent de jour en jour plus doux le régime des manufactures.

Du développement de la philanthropie soit sincère, soit affectée. — Influence considérable des grèves sur le régime des ateliers. — De l’intervention du législateur dans le travail des fabriques. Du principe sur lequel cette intervention repose et des limites qu’elle doit avoir.

Les lois anglaises sur le travail des enfants et des femmes. — L’état actuel dans la Grande-Bretagne. — La loi suisse de 1877 sur les manufactures. — La situation en France. — Les grèves de 1880, le travail de dix heures et le législateur. — L’agitation aux États-Unis pour le travail de huit heures. — Crainte que l’ouvrier des nations occidentales n’abuse de ses avantages : concurrence redoutable que lui feront un jour les peuples asiatiques. — Dans peu de temps les heures de loisir dont disposera l’ouvrier, déduction faite des heures consacrées au repos et aux besoins du corps, dépasseront les heures de travail.

Tendance à l’augmentation de la commodité et de la sécurité du travail. — Des sociétés de secours mutuels et du développement de l’assurance.


Les salaires ne sont pas le seul élément qui importe à l’ouvrier, d’où découlent sa misère ou son bien-être, ses privations ou ses souffrances : un matérialisme étroit et superficiel peut seul restreindre à la question de rémunération le problème de la destinée des classes laborieuses.

On doit rechercher aussi quelle est l’influence de cette civilisation d’abord sur les loisirs, puis sur la commodité, la facilité, la salubrité du travail, ensuite sur les garanties contre les maladies, contre le chômage, contre le dénuement de la vieillesse, enfin sur la facilité qu’a l’homme des classes ou des couches