Page:Leroy-Beaulieu, Essai sur la répartition des richesses, 1881.djvu/44

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ou de 1879, on trouvera des exemples frappants de cette diminution de prix des objets de vêtement commun et d’ameublement vulgaire. D’après les tableaux du commerce extérieur le fil simple écru de lin qui coûtait 5 francs le kilogramme en 1826 s’est abaissé par des gradations continues à 2 fr. 80 en 1873 ; dans la même période le fil simple écru de coton a fléchi de 8 fr. à 5 fr. 07 ; le fil simple écru de laine est tombé de 16 fr. 25 à 10 fr. 50 ; et depuis 1873, année de grande cherté, tous ces prix ont encore notablement diminué. Au lieu des fils, qui sont un élément de fabrication, considérons les tissus qui sont un objet achevé ; la toile de coton écrue ou blanche, la percale ou le calicot, qui tiennent une si grande place dans le vêtement des femmes et dans le ménage, étaient évalués à 15 francs en moyenne le kilogramme en 1826 ; on ne les cotait plus que 4 francs en 1873. Les couvertures de coton, dans le même laps de temps, sont descendues de 8 francs à 3 francs. Les toiles unies de lin, écrues blanches ou mi-blanches et peintes se vendaient respectivement en 1826 en moyenne 14 fr. 20 francs,.6 francs ; elles ne coûtaient plus que 4 fr. 80, 9 fr.65, 3 fr. 30 en 1873. La proportion de la baisse est un peu moins forte pour les draps, elle est encore saisissante en 1826 et en 1847 on les évaluait en moyenne à 27 francs, en 1869 à 10 fr. 50 seulement, en 1873, par suite d’un renchérissement passager, à 14 fr. 30. Dans l’enquête de 1870 sur les traités de commerce, un négociant de Sédan déclarait qu’en 1860 un mètre de drap façonné noir hiver, extrême bas prix, valait environ 10 francs net, et qu’en 1870 le même article, beaucoup plus solide, ne coûtait plus que 5 fr. 75[1]. D’autres déposants à la même enquête, M. Chauchard, directeur des magasins du Louvre, M. Larivière, chef de la maison, du Coin de Rue, affirmaient que pour la grande masse de leurs articles de vêtement les prix dans la série d’années qui venait d’expirer, a qualité égale, avaient fléchi de 10 à 13 pour 100. De même encore les tapis vulgaires valent moitié moins qu’il y a cinquante ans. Il en est ainsi de la plupart des objets d’usage

  1. Voir dans l’Économiste français les études de M. de Foville, sur les Variations des prix, particulièrement les livraisons du 27 mars et du 17 avril 1875.