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Si maintenant on laisse de côté les usines et que l’on s’occupe des maisons seules, on constate que le nombre des ouvertures, portes ou fenêtres, s’est élevé de 33,949,000 en 1822 à 58, 498,733 en 1876 : ici l’accroissement est de près de 80 p. 100 pour une augmentation de 20 p. 100 du nombre des habitants. Il y a donc plus de lumière, plus d’air, probablement plus d’espace dans nos demeures d’aujourd’hui que dans celles de nos pères. Ce n’est pas seulement la classe riche et la classe aisée qui ont profité de ce progrès : toutes les parties de la population y ont participé. Que n’a-t-on pas écrit jadis contre cet impôt impie et meurtrier des portes et fenêtres qui privait de jour la maison du pauvre ? Ces morceaux d’éloquence appartiennent au passé ; ils n’ont plus d’application dans le présent. Déjà pour la période de 1837 à 1846 on constatait que le nombre des maisons à une ouverture, qui était de 346, 401 à la première de ces dates, s’était réduit à 313, 691, soit une diminution de 9 p. 100, à la seconde ; que le chiffre des maisons à deux ouvertures avait aussi légèrement baissé, de 1,817, 328 à 1,803,422 ; que le nombre des maisons à 3 ouvertures s’était faiblement accru, passant de 1,320,937 à 1, 433,642, ce qui est une augmentation de 8 1/2 p. 100 ; que celui des maisons à quatre ouvertures avait plus progressé, s’élevant de 884, 061 à 996, 348, soit 12 1/2 p.l00 d’accroissement mais l’amélioration était surtout sensible pour les maisons plus grandes. De 583, 026 en 1837, les maisons à cinq ouvertures étaient passées au nombre de 692, 683, soit une augmentation de près de 19 p. 100 ; quant aux maisons à six ouvertures et au-dessus, on n’en comptait que 1, 846, 398 en 1837. et il y en avait 2, 220, 757 en 1866, soit 20 p. 100 en plus. La période que nous venons d’examiner n’est pas celle qui a été témoin de l’amélioration la plus grande mais c’est la plus récente sur laquelle nous ayons des chiffres officiels détaillés. Les statistiques moins minutieuses, faites de 1870 à 1876, montrent que le nombre des maisons ayant moins de six ouvertures continue à rester stationnaire et que l’augmentation des constructions porte surtout sur celles qui ont un plus grand nombre de portes et de fenêtres. Ainsi en 1870