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pour les pensions civiles et l’on verra combien les pensions diffèrent d’un côté de la Manche à l’autre.

L’Angleterre a conservé une autre source de gros revenus, c’est l’Église établie avec ses riches fondations. D’après le recueil que nous citions plus haut, les 30 évêques de ce pays se partagent en traitements une somme de 138, 400 livres sterling ou 3,960,000 francs, ce qui fait à chacun d’eux en moyenne 132,000 francs de rente le plus riche, celui de Canterbury, touche 13,000 livres sterling (375,000 fr.) le moins riche, celui de Sodor et Man, ne reçoit que 2,000 livres sterling (50,000 fr.) mais deux évêques seulement ont moins de 4,000 livres ou 100,000 francs. Les doyens de chapitre sont fréquemment payés 2 ou 3,000 livres sterling (30 à 75,000 fr.). Les chanoines résidents reçoivent habituellement de 15,000 à 25,000 francs. Il y a en outre 263 bénéfices d’un revenu supérieur à 25,000 fr. ; 1,877 bénéfices dont le rendement varie de 12,500 fr. à 25,000 ; 7,071 d’un revenu de 5,000 à 12,500 fr. ; 3,047 bénéfices de 2,300 à 5,000 fr. et enfin l, 032 inférieurs à 2,500 francs. On peut juger par ces chiffres de l’opulence de l’Église anglicane. On pourrait encore rapprocher de l’Église établie les Universités avec leurs dotations, leurs privilèges, et les bénéfices qui sont connus sous le nom de fellowships.

L’Angleterre avec ses hauts traitements, ses grosses pensions, les bénéfices de son clergé officiel, fait une exception unique dans le monde. Partout en dehors d’elle les fonctions administratives tombent dans une médiocrité toute bourgeoise, on pourrait presque dire toute plébéienne.

Contrairement à l’opinion commune le nombre de ces fonctions, du moins de celles d’un ordre élevé et assurant une certaine rémunération, a plutôt une tendance à la baisse qu’à la hausse. S’il y a infiniment plus qu’autrefois d’agents inférieurs, de commis des postes, de cantonniers, etc., il n’y a pas un plus grand nombre de préfets et de sous-préfets, il y aura bientôt moins de juges. Le marquis d’Audiffret, dans son ouvrage sur le Système financier de la France, a montré que depuis 1815 le nombre des employés de l’administration centrale du ministère