Page:Leroy-Beaulieu, Essai sur la répartition des richesses, 1881.djvu/322

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


CHAPITRE XII

DE L’ORGANISATION DE PLUS EN PLUS BUREAUCRATIQUE DE LA SOCIÉTÉ MODERNE. — LA CONCENTRATION DU COMMERCE DE DÉTAIL. LES SOCIÉTÉS ANONYMES ET LEURS EFFETS.


De la concentration du commerce de détail. — Les grands magasins de nouveautés. — Les grandes sociétés coopératives anglaises. — Des objections à cette concentration. — Réponse à ces objections.

Excellence des grands magasins. — Il est désirable que le commerce d’alimentation se constitue aussi sous cette forme.

De la réduction du nombre des intermédiaires ou parasites. — La fonction distributive absorbe une trop forte partie de la société. — Tendance de l’industrie et du commerce à se constituer sous la forme de sociétés anonymes. — Essor désordonné des sociétés en commandite sous le règne de Louis-Philippe. — Développements de la cote des valeurs aux bourses de Paris, Lyon et Marseille depuis 1797. — Excès de l’agiotage en 1838. La baisse du taux de l’intérêt fait pulluler les sociétés par actions.

Sous le second Empire l’activité industrielle et financière se porte sur un petit nombre de vastes entreprises. — Moindre gaspillage et beaucoup plus grande productivité des capitaux. — Depuis 1873 la baisse du taux de l’intérêt et la difficulté de trouver des entreprises rémunératrices, fait de nouveau foisonner les sociétés anonymes minuscules.

Coup d’œil rétrospectif sur les sociétés par actions dans les siècles précédents. — De la responsabilité illimitée des associés. — Lacunes de la législation sur les sociétés anonymes. — Ces lacunes favorisent l’escroquerie en grand à laquelle, d’ailleurs, se prêtent nos mœurs.

Raison d’être de la société anonyme : elle est justifiée par la grandeur et par l’aléa des entreprises contemporaines. — Démonstration des services que rendent les sociétés anonymes. — Tendances fâcheuses à remplacer ces sociétés par l’État.

Au point de vue de la distribution des richesses, les sociétés anonymes ont été l’occasion de l’enrichissement scandaleux de quelques faiseurs et de l’appauvrissement de beaucoup de naïfs. — Ce n’est là, cependant, qu’un effet passager. — La société anonyme, en définitive, contribuera plutôt à rendre les fortunes moins inégales. — Ces sociétés créent de nouveaux cadres bureaucratiques où vient chercher refuge la classe moyenne.


Les vérités qui se dégagent des précédents chapitres sont que l’ensemble de notre civilisation doit rendre à l’avenir de plus en plus difficile la formation de grandes et de rapides fortunes nouvelles, c’est aussi que la petite industrie, le petit commerce supportent difficilement la concurrence de l’industrie