Page:Leroy-Beaulieu, Essai sur la répartition des richesses, 1881.djvu/215

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ments réguliers dont elle possède les meubles, et celle qui vit dans ce que l’on appelle des garnis. La première est la population sédentaire ; la seconde est en général la population nomade. Occupons-nous d’abord de celle-là.

Les statistiques des loyers, à Paris, sans présenter une complète exactitude, sont cependant, sous la réserve de quelques corrections, instructives et dignes de foi. Il y a, pour les dresser, trois sources de renseignements d’abord l’impôt mobilier, qui est proportionnel à la valeur locative de l’habitation ; en second lieu pour les très-petits logements, les rapports ou les mémoires de l’assistance publique ; en troisième lieu enfin, les recensements quinquennaux. L’on sait, en outre, que depuis la guerre de 1870 tous les baux doivent être enregistrés. L’assistance publique est une vaste administration qui, dans les années ordinaires, étend ses secours, nous ne voulons pas dire ses largesses, sur environ 40, 000 ménages.

On a constaté qu’avant 1856 un dixième des ménages d’indigents, c’est-à-dire des personnes secourues par la charité officielle, occupaient des logements de 50 francs ou de moins encore ; que la moitié se trouvait dans des logements de moins de 100 francs de loyer. Aujourd’hui, il n’y a plus que 15 p. 100 des indigents qui habitent des logements de moins de 100 francs ; et 52 p. 100, des logements de moins de 200 francs ; ainsi près de la moitié des indigents à Paris se trouve subir un loyer de plus de 200 francs. Depuis vingt ans les petits logements ont certainement doublé de prix dans notre capitale.

Il existe plusieurs statistiques fort intéressantes des logements de Paris l’une a été dressée en 1872 d’après les rôles de la contribution mobilière. On comptait alors dans cette ville 70, 000 maisons environ ayant 682, 000 logements il y avait un peu plus de 26 personnes par maison et moins de trois personnes par logement. Près des deux tiers de ces 682, 000 logements, soit 436, 000, étaient classés comme d’un loyer moindre de 250 francs ; les trois quarts de l’ensemble des logements, en y comprenant ces deux premiers tiers, soit 560, 000, restaient au-dessous de 400 francs de loyer. La classe que l’on