Page:Leroy-Beaulieu, Essai sur la répartition des richesses, 1881.djvu/180

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


et ce dernier chiffre indique un revenu net foncier de 160 à 320 francs suivant les localités. Dans certains cas, les petites propriétés de cette catégorie peuvent former la plus grande partie de la ressource d’une famille en effet, si le propriétaire cultive son bien de ses propres mains, il ne profite pas seulement du revenu net, mais encore de tout ou presque tout le revenu brut, puisqu’il n’a pas à en déduire les frais de main-d’œuvre or dans les départements et les communes les mieux traités le revenu brut d’une propriété qui paie 20 francs d’impôts peut s’élever à 6 ou 700 francs, quelquefois même a un peu plus. Quelques journées de travail au dehors peuvent donc suffire avec le produit de leur bien à faire vivre certains propriétaires de cette catégorie ; mais c’est le petit nombre, probablement pas le cinquième ou le sixième. Ainsi sur 13,100,000 cotes foncières, 10 millions correspondaient à un impôt inférieur à 20 francs, soit à un revenu net qui, dans les cas exceptionnellement favorables, atteignait à peine 300 francs, et à un revenu brut qui pouvait s’élever à 5 ou 600, rarement à plus.

Les trois millions de cotes foncières restant sont presque les seules qui indiquent la propriété véritable, celle qui peut suffire à l’existence du propriétaire, ou qui du moins peut constituer sa principale ressource. Les cotes de 50 à 500 franc ? avaient un peu diminué de 1842 à 1858 celles de 500 à 1,000 francs et celles au-dessus de 1, 000 francs s’étaient maintenues. On ne peut considérer comme indiquant de grandes propriétés que les cotes au-dessus de 500 francs qui, suivant les localités, révèlent un revenu net de 4, 000 à 8 ou 10, 000 francs, rarement de plus. Les cotes de 500 francs à 1,000 francs, soit de 4,000 à 18 ou 18,000 francs de revenu au plus, n’étaient en 1888 qu’au nombre de 37,000 ; celles au-dessus de 1, 000 francs n’atteignaient que le chiffre de 8,800. On voit combien est faible la quantité des grands propriétaires en France : en admettant — ce qui est vrai — que ces chiffres doivent être augmentés parce que plusieurs personnes ont des propriétés dans des perceptions différentes et acquittent plusieurs cotes, il n’en est pas moins vrai qu’il ne se trouve vraisemblablement pas en