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sont donc simplement rentrés dans l’intérêt de leurs avances, et n’en ont rien retiré de plus.

Le chiffre de 500 millions pour représenter la moyenne des capitaux qui s’incorporent chaque année dans la terre est vraisemblablement fort au-dessous de la vérité. Si l’on pouvait dresser des calculs minutieux pour une matière si complexe, on verrait que l’accroissement du revenu net des terres ne représente même pas en général l’intérêt de toutes les dépenses d’amélioration qui ont été faites depuis trente ou quarante ans par l’ensemble de la classe des propriétaires.

Pour bien apprécier la situation des propriétaires ruraux dans la société et l’importance relative du revenu qu’ils prélèvent, on peut rechercher quel est le rapport de la progression du revenu net du propriétaire à la progression de la production agricole. C’est surtout pour les produits de l’agriculture que les statistiques sont incomplètes et suspectes évaluer d’une manière exacte les quantités et les prix des denrées qui sont produites sur cinquante millions d’hectares, éviter les doubles emplois, c’est une œuvre à peu près impossible. Cependant, on peut arriver à quelque approximation. M. Léonce de Lavergne en 1860 estimait à 5 milliards la production agricole de la France le revenu net des propriétaires, ce qui représente le fermage, atteignait alors 1, 900 millions de francs, ce qui faisait une proportion de 38 pour 100 environ. Dans une nouvelle édition de son livre sur l’économie rurale de la France le même écrivain en 1877 portait cette production à 7 milliards et demi le revenu net des propriétaires montant alors à 2 milliards 750 millions, formerait 36 1/2 p. 100 de la valeur des produits, proportion légèrement inférieure à celle de 1851, mais cependant presque équivalente. Il y a tout lieu de croire que l’évaluation de M. de Lavergne pour la production agricole de la France en 1877 est trop faible M. de Laveleye donne le chiffre de 10 milliards qui nous paraît plus proche de la vérité le revenu net des propriétaires ne prélèverait plus alors que 27 et demi pour 100 des produits.

C’est un fait universellement constaté que les améliorations