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en Angleterre. Quelques personnes s’imaginent qu’il n’y a pas d’impôt foncier dans cette dernière contrée, parce que la landtax est restée fixe depuis plusieurs siècles et qu’une partie même en a été rachetée ; mais, si l’on tient compte de la multitude et de l’élévation des taxes locales, des dîmes et des redevances de toutes sortes, on doit, conclure que, dans la plupart, des cas, une forte part de l’accroissement du revenu net des terres a été absorbée par ces prélèvements. Voici une curieuse déclaration que nous extrayons du Times (n° du 15 octobre 1879) ; c’est un propriétaire exploitant, il est vrai, qui parle : « J’exploite 220 acres[1], dans le Sussex ; 210 acres de cette terre étaient loués, avant que je ne les prisse, 100 livres sterling (2, 500 francs par an). Voici quelles en sont les charges dîmes pour le recteur (rectorial tithe) 19 livr. sterl. 11 shellings ; dîme pour le curé (vicarial tithe) 16 liv. 4 shel. ; taxe des pauvres, 14 liv. 14 shel. 5 deniers ; taxe des routes, 12 livres 14 shellings 3 deniers ; impôts sur le revenu, 8 livres S shel. 5 deniers ; taxe des pauvres dans une paroisse voisine, 15 shel. ; 9 pence impôt sur le revenu dans la même paroisse 4 shel. 4 pence ; taxe des routes également 4 shel. 4pence ; taxe des pauvres pour une autre partie de la même ferme et dans une autre paroisse 12 livres 0 shel. 6 deniers impôts sur le revenu également 2 livres 11 shel. 3 deniers, total des charges 87 livres st. 6 shellings 10 deniers. » Ces prélèvements font 2, 193 francs, quand le revenu net de la terre, alors qu’elle était affermée, représentait moins de 3, 000 francs ; nous pensons qu’il s’agissait ici d’un fermage net d’impôts. Que le cas que nous venons de citer soit exceptionnel, nous n’avons pas de peine à le croire on doit se rappeler, cependant, que la révision de la loi des pauvres, il y a une trentaine d’années, fut en grande partie amenée par l’abandon de plusieurs domaines qui tombaient en friche, les fermiers et les propriétaires aimant mieux les laisser incultes que de se soumettre à cette

  1. L’acre vaut 0 hectare 41 ares ; les 220 acres font donc 90 hectares et les 210 dont il est question ensuite équivalent à 86 hectares ; le prix de fermage était ainsi d’environ 30 francs par hectare.