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Russie, Pouchkine et Lermontoff, soient tombés dans une rencontre !

Ce que cet épouvantable malheur a ravi à la Russie et aux lettres, qui le saura jamais ! Lorsqu’on parcourt les œuvres de ce poète, mort à 26 ans, on ne peut s’empêcher d’être affligé en songeant au monument qu’il eût, sans nul doute, élevé durant une longue vie.

Lermontoff écrivait déjà à douze ans, et le charme de ses compositions aurait pu lui valoir, comme à Victor Hugo, le titre d’enfant prodige. Orphelin dès son bas âge, il fut élevé par sa grand’mère et reçut cette instruction distinguée et complète qu’on s’applique à donner aux jeunes gens de famille en Russie. L’étude des langues anciennes, celle des langues vivantes surtout, l’histoire, la philosophie, les mathématiques, toutes ces différentes branches de l’instruction furent abordées avec des succès rares par le jeune Lermontoff, que l’on destinait à la carrière militaire. Dans ce pays où les privilèges de castes sont encore vivants, la carrière militaire est celle qu’embrassent de préférence les jeunes gens de famille noble.