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— Consens-tu alors ?

— Je consens ! chuchota Azamat, pâle comme un mort ; et quand donc ?

— La première fois que Kazbitch viendra ici ; il doit m’amener des moutons : le reste est mon affaire ; cela me regarde Azamat !

Voilà comment ils traitèrent cette affaire ; marché dégoûtant en réalité !

Plus tard je dis cela à Petchorin et il se contenta de me répondre que cette farouche Circassienne devait se trouver heureuse d’avoir un mari comme lui ; en somme il valait bien ce brigand de Kazbitch, qui ne valait pas même la peine que l’on s’occupât de lui.

Vous devez penser vous-même que je n’eus rien à répondre à cela et du reste à cette époque, j’ignorais tout à fait leur complot.

Or, un jour, Kazbitch vint et me demanda si je n’avais pas besoin de miel et de moutons : Je lui recommandai de m’en apporter le lendemain.

— Azamat, dit Petchorin, demain le Karaguetz sera dans tes mains, mais si, cette nuit, Béla n’est pas ici, tu n’auras pas le cheval.

— Bien ! dit Azamat ; et il regagna le village.