Page:Lermontov - Un héros de notre temps, Stock, 1904.djvu/44

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pendant que nous regagnions la forteresse, le diable me poussa à raconter à Petchorin tout ce que j’avais entendu pendant que j’étais assis près de la cloison ; lui souriait le dissimulé, mais au fond de lui-même, il méditait quelque coup.

— Mais que méditait-il ? dites-moi je vous prie ?

— Patience ! nous n’y sommes pas encore ; et le capitaine me déclara que, puisqu’il avait commencé, il fallait le laisser continuer.

Quatre jours après, Azamat vint à la forteresse. Selon son habitude, il alla chez Petchorin qui le bourrait toujours de friandises. J’étais là ; la conversation s’engagea sur les chevaux. Petchorin commença à vanter le cheval de Kazbitch : il est aussi agile, aussi délié qu’un beau cerf, disait-il, et certainement il n’a pas son pareil dans tout le monde.

Les petits yeux du Tartare étincelaient déjà, mais Petchorin ne paraissait pas le remarquer ; moi, je parlai des autres chevaux : mais lui, comme vous pensez bien, ramenait toujours la conversation sur celui de Kazbitch. Cette histoire se répétait toutes les fois qu’Azamat revenait.

Trois semaines après, je remarquai qu’Azamat