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nous pouvions voir le visage étaient loin d’être belles.

— J’avais bien meilleure opinion des Circassiennes ! me dit Petchorin.

— Prenez patience ! lui répondis-je en souriant, j’avais quelque chose dans l’idée. »

Une foule de monde s’était déjà réunie à la maison du prince ; chez ces Orientaux la coutume est d’inviter aux noces tous ceux qu’on rencontre, quels qu’ils soient. On nous reçut avec tous les honneurs et on nous mena dans le salon : mais je n’oubliai point d’observer, en cas d’événement imprévu, le lieu où l’on plaçait nos chevaux.

— Comment célèbrent-ils leurs noces ? capitaine.

— Voici ce qui se passe ordinairement : d’abord le Moula lit quelques versets du Coran ; ensuite on fait des cadeaux aux jeunes mariés et à tous les parents. On mange, on boit du bouza, et puis vient le divertissement. C’est toujours un individu sale, en haillons, qui monte sur un vilain cheval boiteux, fait des grimaces, imite polichinelle, et fait rire l’honnête compagnie. Dès que la nuit paraît, commence au salon, ce