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d’elle. Elle avait envie de me répondre quelque chose, mais elle se contenta de pousser un soupir. Je fermai la porte de ma chambre derrière moi, j’allumai la bougie et me jetai sur mon lit. Cette fois seulement, le sommeil se fit attendre plus que d’ordinaire. L’Orient commençait déjà à pâlir, lorsque je m’endormis, mais évidemment il était écrit aux cieux, que je ne dormirais pas cette nuit. À quatre heures du matin, deux coups de poing ébranlèrent ma fenêtre. Je m’élance :

— Qui est là ?

— Lève-toi, habille-toi ! me crient quelques voix.

Je m’habillai rapidement et sortis.

— Sais-tu ce qui est arrivé ? me dirent d’une seule voix trois officiers placés devant moi. Ils étaient pâles comme la mort :

— Quoi ?

— Voulitch a été tué.

Je restai stupéfait.

— Oui, il a été tué ! continuèrent-ils. Allons plus vite.

— Mais où donc ?

— Tu l’apprendras en route. »

Nous partîmes : ils me racontèrent tout ce qui