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simple travail ; un chapeau en fourrure ni trop haut ni trop bas ; des jambières et des sandales parfaitement ajustées ; un bechmet[1] blanc ; un alezan circassien ; j’ai étudié longtemps la manière de s’asseoir des habitants de la montagne et on ne peut mieux flatter mon amour-propre, qu’en reconnaissant mon habileté à monter à cheval comme les gens du Caucase. J’ai quatre chevaux, un pour moi, trois pour mes amis, afin de ne pas m’ennuyer à courir seul les champs. Ils montent mes chevaux avec plaisir, mais ne vont jamais avec moi. Il était déjà six heures du soir lorsque je me suis souvenu qu’il était temps de dîner ; mon cheval était épuisé et je suis revenu par le chemin qui conduit à la colonie allemande de Piatigorsk où souvent la société des eaux va en pique-nique. Le chemin serpente au milieu des arbres, et descend dans un petit ravin, où coulent en murmurant sous les hautes tiges des foins, de petits ruisseaux. Autour s’élèvent en amphithéâtre les masses sombres du Bechtou, du Zmiennoï, du Geliesnoï et du Lissoï. En descendant dans un

  1. Vêtement de dessous des tartares.