Page:Lermontov - Un héros de notre temps, Stock, 1904.djvu/103

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


il ne fit que tousser, cracher et se retourner.

— Est-ce que les punaises vous piquent ? lui demandai-je.

— Oui ! Les punaises ! répondit-il en soupirant péniblement.

Le lendemain matin, je m’éveillai de bonne heure, mais Maxime m’avait déjà devancé ; je le trouvai devant la porte, assis sur le banc.

— Il faut que j’aille chez le commandant, me dit-il. Je vous en prie, si Petchorin vient, accueillez-le pour moi.

Je le lui promis, et il se mit à courir comme si ses membres avaient retrouvé leur jeunesse, leur vigueur et leur agilité.

La matinée était fraîche et belle. Des nuages dorés s’amoncelaient sur les montagnes et formaient comme une nouvelle chaîne de montagnes aériennes. Devant la porte s’étendait une large place, sur laquelle le marché fourmillait de monde, car c’était un dimanche. Les enfants Géorgiens, nu-pieds, portant sur leurs épaules des paniers pleins de rayons de miel, tournaient autour de moi. Je les maudissais et ne m’occupais pas d’eux, car l’inquiétude du capitaine commençait à me gagner.