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lima paraissait si jeune, était si belle et se rendait si charmante, — pour atteindre ce but elle avait repris les manières entraînantes qui la caractérisaient avant son mariage — que la tante Françoise sentit se dissiper promptement les préjugés qu’elle avait conçus contre elle. Avec une naïveté que la vieille dame sut apprécier, la nièce parla de l’ardent désir qui l’animait d’avoir une demeure à elle, n’oubliant, pas en même temps de faire valoir les rêves brillants qu’elle faisait sur la perfection avec laquelle elle tiendrait le ménage.

— Mais, observa sèchement la tante Ratelle en répondant à cette rapsodie, je ne puis pas me représenter une dame aussi richement habillée que vous l’êtes se débattant parmi les pots et les chaudrons, et confectionnant les cornichons et les confitures. Vous seriez bien mieux dans un salon !

— Ah ! tante Françoise, reprit Délima en adoptant de suite le titre avec lequel Armand parlait à sa tante, je m’habille si richement parce que je n’ai pas autre chose à faire. Combien ce serait différent si j’avais un petit logement à moi : je pourrais alors m’occuper d’autres choses que de parures et de toilettes.

Madame Ratelle n’ajouta rien, et lorsque les jeunes gens partirent elle demanda à son neveu de revenir le soir afin d’avoir une conversation avec lui.

Comme de raison, il se rendit volontiers à cette invitation, et la nuit était passablement