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Par la suite, des contestations passionnées et des arguties de procureur ont soulevé un doute sur le caractère régulier et légal du nouveau conseil municipal, qui prit le nom de Commune. Ces chicanes ne sauraient avoir une valeur juridique, et n’ont qu’un intérêt anecdotique. D’où serait provenue l’irrégularité de l’élection ? Du nombre des abstentions ? Il fut à peu près le même lors du vote de novembre 1870 pour les maires et les adjoints. Les chiffres donnés dans le précédent volume établissent qu’au 26 mars le suffrage parisien a été aussi complet qu’il pouvait l’être. On devait tenir compte des circonstances. On ne pouvait négliger, dans l’évaluation du résultat, l’absence de nombreux habitants, inscrits sans doute sur les listes, mais ces listes avaient été dressées sous l’empire, pour le plébiscite. Il s’était produit, depuis le mois de mars 1870, des événements qui avaient modifié la proportion normale des suffrages exprimés et du nombre des électeurs appelés à voter : il y avait eu la guerre d’abord, puis l’invasion et l’investissement, suivis de l’exode, à l’ouverture des portes, d’une notable partie de la population. Il manquait un tiers des électeurs inscrits en 1870.

L’Assemblée municipale fut nommée le 26 mars dans les mêmes conditions électorales que l’Assemblée nationale l’avait été, moins toutefois la confusion et les tripotages du recensement de février. Le scrutin municipal avait été libre partout, sans irrégularité constatée. Le comité insurrectionnel avait, il est vrai, présidé au scrutin, mais cette présidence n’avait été que nominale, sans aucune influence directe, ni pression arbitraire sur le corps électoral, sans qu’on pût attribuer aux délégués du Comité central une intervention autoritaire quelconque, une altération du vote des sections ou une immixtion frauduleuse dans le dépouillement des bulletins. Aucune protestation sérieuse n’avait