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de décantation, le savoureux esprit gaulois, gaillard et caustique, se mixturait de narquoise et cordiale bonhomie thioise. Émile Deschanel, préfaçant les Contes brabançons, voulut y voir l’accent de Rabelais : on serait plutôt tenté d’y retrouver l’archaïsme des chroniques d’un Froissard, manié d’un art adroit et subtil. Ch. Potvin, plus tard, s’étonna qu’il ne se fût pas trouvé un ami pour lui déconseiller de trop lire Pantagruel, le roman du Renard, Montaigne et les Contes drolatiques de Balzac. De Coster vécut là une sorte d’art et de vie à rebours : son rêve d’artiste voisina avec les hommes et les choses du passé : un peu comme le peintre anversois Leys, il fut dans son Ulenspiegel le voyant halluciné et lucide des siècles.

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Rops devait particulièrement goûter ce merveilleux roman qui emmargeait sur l’histoire. Il en aima même à ce point la langue que peut-être celle-ci fut la cause de l’archaïsme qu’il apporta lui-même dans la sienne. Rappelez-vous le pimpant couplet dont il décora la Dame au grand chapeau du Frontispice