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bières. Sans doute ils avaient commencé comme les autres par « le Trou » ils y avaient pratiqué l’art des « guindailles » au commandement des vrais « zigs », passés maîtres dans la connaissance de ces rites absconses et compliqués.

Des peintures en manière de fresque illustraient les murs du sombre boyau et retraçaient des sujets facétieux. La jovialité en était épaisse, mais flattait chez cette jeunesse le goût traditionnel pour la farce. Une des légendes se rapportait à un buveur inconsidéré : « Le père Guillery avait raison de dire que le contenu était plus grand que le contenant ». Le père Guillery était un médecin renommé du temps, professeur à l’Université. Une autre légende goguenardait : « Je vous présente le dernier de la famille », et soulignait le geste dont un père exhibait un fœtus marinant dans un bocal. C’étaient bien là des parodies pour carabins : elles n’auraient pas eu besoin d’être parafées ; leur drôlerie caricaturale à suffisance eût fait reconnaître la verve bouffonne du rieur « crocodilien ». Cependant les douze lettres, de la grande signature diabolique, avec l’F et l’R comme des pièces de feu d’artifice, caracolaient dans un des coins. Ce furent d’ailleurs les seules peintures murales de Rops et elles ont disparu avec « Le Trou » même dont elles faisaient la gloire.