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on ne sort pas de la plaisanterie de cabaret ou de la gaminerie de potards en goguettes.


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C’était le temps où, à Bruxelles, dans la rue des Sols, vis-à-vis de l’Université, un petit estaminet enfumé et noir, à lui seul faisait plus de bruit que tous les autres cabarets de la ville. Sa physionomie se caractérisait assez bien par le nom qui lui avait été attribué, « le Trou ». Tous les étudiants de l’époque passèrent par là : on descendait, en sautant deux marches à la fois, par les escaliers de la rue Villa Hermosa ou de la rue Ravenstein, insérés entre d’anciennes et héraldiques façades. Une porte s’ouvrait ; on entrait, à la sortie des cours, lamper un « capperke » de faro, ou s’humecter d’un « trois cens » de genièvre. En ce Bruxelles soiffard où la taverne n’avait point encore pris racine, Saint-Ferréol proscrit plus tard constata que des ministres eux-mêmes le soir arrivaient faire leur partie de cartes dans les petits cabarets des vieux quartiers, réputés pour les vertus nationales de leurs