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Dubois envoyés par la Belgique pour soutenir la réputation de bonne beuverie du pays qui les vit naître, Louis Artan qui était déjà le grand peintre qu’il a toujours été, Schaunard, l’illustre Schaunard de Murger, un ancêtre… Puis encore, précédé de la fanfare de son rire et de son inaltérable joie, Armand Gouzien, rapportant dans ses poches des chansons faites là-bas, pendant les vacances…, le typographe Malassis…, souriant comme Voltaire, impavide, préparant ses dernières belles éditions, avec le mot faisant balle, un des derniers spirituels qui aient eu de l’esprit…, le sculpteur Godewski et sa femme, cette délicieuse, exquise et savante Mathilde Godewska dont le souvenir chante éternellement dans le cœur et la tête de ceux qui l’ont connue. Et ils sont tous partis pour le pays du rêve. » Tout un cimetière de petits tertres sous lesquels l’un après l’autre, étaient allés dormir Mathilde Godewska, Schaunard, Malassis, Filleau, Camuset, Clapisson, Dubois, Gouzien ! En 1895, c’est le tour d’Alfred Verwée, l’âme splendide des Flandres. El il écrit : « Cela me fait grand’peine. C’était le dernier de la pléiade Dubois, Rops, Artan, le plus solide et le moins souple, mais celui qui gardait le mieux les primordiales qualités de la race… Ils vont vite, ceux de Burger ! »

Cependant il ne perd pas courage. « Il va falloir se retaper moralement et physiquement » écrit-il vers la même date. Il lui vient alors une belle vaillance souriante devant les embûches de celle qu’il sent rôder autour de lui. Il la brave comme au temps où, d’une si terrible ironie, il la regardait danser son menuet de ridicule squelette à falbalas. Pour un peu, il lui offrirait d’être son cavalier.

Peut-être on le sent qui s’en occupe trop : elle le frôle, elle le touche, elle l’essaie ; à chaque pas qu’il fait, elle en fait un avec lui. Elle est l’ombre qui, à ses côtés, s’engraisse de sa vie.

J’ai le souvenir d’une fête où, l’une des dernières fois, il apparut le beau Rops qu’avec son adonisme fringant et son goût de donjuanisme, il eût