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randum. En 1875, il notifie à Liesse ses veines de travail, ses départs, ses retours, ses aventures, ce qu’il fera, ses accès de goutte, « la bonne goutte du grand-père Ropsy ». Il nourrit des projets d’affaires, d’argent, de bonheur. Il écrit à Picard qu’il va faire un journal à lui tout seul, le Journal de Félicien Rops, et l’idée vient, repasse, avec cent autres. Il veut illustrer Balzac et Shakespeare. Il écrit à Henri Liesse encore (en 1875) : « L’affaire Lemerre est superbe : 1000 francs par mois et 1200 l’année prochaine… Il va falloir faire un bon livre, mon vieil ami, avec ce Musset… Quarante planches pour la petite édition in-douze et quarante planches pour l’édition in-quarto. » En 1876, c’est à Picard cette fois qu’il fait part de la bonne nouvelle, mais le chiffre des eaux-fortes a diminué : quarante eaux-fortes en dix volumes. Et il ajoute : « Mes prix ont été ceux de l’éditeur. Il a fait largement les choses et je suis à cette heure le dessinateur le plus payé de Paris. » Après cela, il fera les drames de Victor Hugo in-quarto et Le Beau Pécopin et la belle Bauldour. Il parle aussi d’un autre volume « très intéressant » dont il ne veut pas encore donner le titre.

On sait que l’édition Hugo et l’édition Musset passèrent au compte des projets qui ne devaient point se réaliser.

À Picard aussi, en lui offrant sa Pornocratès pour 500 francs, ce billet malicieux :

« Entre nous, cela ne me coûte guère moins. Je n’emploie pas de modèles ordinaires et les créatures bizarres qui veulent bien, comme la mystérieuse Isis, ôter leur robe-princesse dans mon atelier, tiennent plus aux égards qu’à l’argent, et rien ne coûte cher comme les égards ! Si je tenais un mauvais « grand-livre » de mes travaux, j’inscrirais des choses comme celles-ci :

  
15 mars : Esquisse de la tête de Mlle Rose Partout, propriétaire, mineure, émancipée, jouissant de son capital et qui