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On aimerait se persuader que le baptême fut fêté comme celui du fils de Claes et de Soetkin, de ce Tiel Ulenspiegel qui devait jouer un rôle important dans la vie spirituelle de l’enfant devenu jeune homme. Mais la terre wallonne, pour copieusement s’entonner de bière blonde et se complaire au grésillement des « skinées » à la poêle, n’observe pas les mêmes rites que la terre flamande ; et en fin de compte, on n’était pas obligé de savoir la parenté qui s’établirait un jour entre ce garnement issu des pauvres plèbes lointaines et le fils du riche M. Nicolas-Joseph Rops, ancien fabricant de tissus imprimés dont les produits rivalisaient avec les indiennes les plus réputées.

C’était un article de grande prospérité et qui s’illustrait d’un caprice de palmes et de tulipes, comme un Vrai jardin chimérique. Les colporteurs, les mercelots nomades sans doute en avaient leurs éventaires garnis quand à la traversée des hameaux, le long du ruban de route qui va de Namur à Dinant, ils s’évertuaient à éveiller, en les déployant devant elles, la convoitise des joueuses contadines. Celles-ci ne se coiffaient point encore, en ce temps, de rubans, de perles et de fleurs selon la mode des villes. Leur beauté brune et nerveuse qui, l’été seulement, pendant les travaux des champs, s’obombrait du « barada », coiffe en paille ou en toile s’évasant sur le devant à la façon un peu des « cabriolets » de l’Empire, gardait une grâce rurale sous la coquetterie des pièces d’étoffe ramagées qu’elles se fixaient au haut de la tête et dont les deux pointes leur retombaient sur la poitrine. Le jeune Fely, en battant plus tard les campagnes, dut y reconnaître souvent ces témoignages de l’industrie paternelle.

On l’avait mis au collège Notre-Dame de la Paix où il fit ses premières classes et où il reçut l’éducation religieuse qui, du reste, fut celle de tous les enfants de son temps. Elle ne l’empêcha pas de faire une vingtaine d’années plus tard l’Enterrement au pays wallon, d’une allure assez irrévérencieuse, et