Page:Lemonnier - Félicien Rops, l’homme et l’artiste.djvu/109

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


donna en croyant ne s’abandonner qu’à son art, mais sans abdiquer une tenue qui sut éviter, même dans l’oubli du reste, la salauderie et la vulgarité.

Est-ce à dire qu’il ne poussa pas à l’extrême le goût friand des curiosités galantes ? Tant d’illustres esprits collaborèrent à ce Théâtre de la rue de la Santé, où ils laissèrent paraître l’ivresse nue de Noë sur le chemin des vignes, qu’on

ne peut se défendre envers lui d’une certaine indulgence secrète pour la tentation trop facilement obéie : la plupart, il est vrai, péchèrent sous le manteau avec ce génie subtil de l’hypocrisie qui, sitôt après, rattache les cordons du masque tandis qu’il y allait franc jeu, lui, d’une indépendance qui, dans toute cette gaillardise, demeura une de ses vertus natives.

Je vais dire une chose qui étonnera : la licence trop appuyée qui si souvent fut reprochée à Rops lui vint de son pays même, pays naturellement hon-