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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/66

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


Pour peu qu’elle me soit connue,
Qu’elle m’ait plu, fût-ce un moment,
Qu’elle m’ait tendu franchement,
Un soir, sa main souple et menue,

Malgré moi, d’un regret obscur
Mon âme en secret est saisie :
Ce n’est point de la jalousie,
C’est une souffrance à coup sûr.

Et pourtant jamais auprès d’elle
Je ne me sentis inquiet.
Rien d’intime ne nous liait :
Elle ne m’est point infidèle...

. . . . . . . . . . . . . . . . . .

Mais quelque chose va mourir
De délicieux et de tendre
Que rien ne pourra plus lui rendre,
Et qui ne saurait refleurir :

Cette chasteté qui s’ignore,
La candeur des grands yeux distraits,
Je ne sais quoi de pur, de frais
Et de léger comme une aurore.

Elle sera dame et n’aura
Plus de rougeur involontaire.
Ses grâces perdront leur mystère,
Sa beauté se précisera...

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .