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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/465

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HÉLÈNE VACARESCO.


Et moi, pour emplir les soirs pleins d’ennui,
Je file à ma porte en rêvant de lui,

Car je poserai mon front sur sa bouche
Et ma main qui tremble en sa main farouche.

Il me contera l’horreur des combats.
La pierre du seuil souhaite son pas.

Il me chantera la terre conquise.
Son souffle léger est cher à la brise.

Il dira qu’il m’aime et je le croirai.
Le soleil puissant emplira le pré.

Le maïs verdit parmi l’herbe verte.
Ma petite porte au vent s’est ouverte.

Elle s’ouvre au vent, ne la fermez pas.
Le maïs d’avril est éclos là-bas.





AURORE




Je disais : Viens avant que le soleil ne vienne.
La chaleur de ta main est plus douce à la mienne
Qu’aux oiseaux le printemps, aux abeilles le miel.
Tu disais : N’est-ce pas qu’il est bon d’être ensemble
Sous la branche du saule ou la feuille du tremble,
               À l’heure où l’aube rit au ciel,