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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/459

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CHARLES FUSTER.

 
Et tout, les vagues en démence,
Les étoiles dans le ciel bleu,
L’immense mer, l’amour immense,
Nous disait l’infini de Dieu.





AMOUR DEVANT LA MER




Frémissement d’azur sous les cieux embrasés,
La mer, la grande mer, clémente à nos pensées,
Met toute sa douceur dans nos mains enlacées
Et tout son infini poignant dans nos baisers.

Elle est calme aujourd’hui, resplendissante et chaude,
Grande comme l’amour et vaste comme Dieu.
On la voit frissonner, sous l’immense ciel bleu,
En un ruissellement de nacre et d’émeraude.

Au fond des lointains gris, dans le frais demi-jour,
Plus haut que les rochers et plus haut que l’abîme,
Le ciel s’ouvre profond, lumineux et sublime,
Calme comme la mer et grand comme l’amour.

Quelques oiseaux d’argent se perdent dans l’espace.
Tout est large et joyeux, frémissant et vermeil.
Comme un enfant qui rit, les yeux lourds de sommeil,
La Nature nous parle, et nous parle à voix basse.

Et, la main dans la main, couple heureux et vainqueur,
Devant ce double azur, devant l’immense grève,
Nous écoutons la mer chanter en notre rêve,
Nous sentons l’infini descendre en notre cœur.