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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/440

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.

La moire qui chatoie et les fines dentelles,
La gaze, le satin, n’égalent pas les ailes
D’un papillon brillant qui se perd sous l’azur.

La vapeur, que l’on voit dans une course ardente
S’élancer en jetant dans l’air sa voix stridente,
Coursier nourri de flamme et d’un geste dompté,
Ne peut suivre l’oiseau dont le vol se balance,
Et qui, sans déchirer l’harmonieux silence,
Traverse en un instant la bleue immensité.

Les milliers de flambeaux à la clarté sereine
Que l’électricité, cette nouvelle reine,
Prête au génie humain pour combattre la nuit,
Valent-ils un rayon de soleil qui s’épanche
Sur un ruisseau, qu’il dore à travers une branche,
La lune des beaux soirs, et l’étoile qui luit ?

Tous les dogmes hardis, les ténébreux systèmes
Inventés à plaisir par les hommes eux-mêmes,
Et qu’on voit, ici-bas, dominer tour à tour,
Peuvent-ils égaler cette croyance auguste
D’un Dieu qui doit punir, car il est saint et juste,
Mais qui sait pardonner, parce qu’il est amour !