Ouvrir le menu principal

Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/43

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
29
GEORGES GOURDON.


Ô navire ! qu’un vent favorable te mène !
Que tes joyeux marins et ton fier capitaine
Nous reviennent couverts de lauriers et d’honneur !

Mais si jamais tu dois sombrer dans la bataille,
Crachant comme un défi la dernière mitraille,
Redonne à l’univers l’exemple du Vengeur.


(Les Pervenches)





LE TOUCHERON




Par la sente aux talus herbeux
Qu’embaume la menthe sauvage,
Chassant devant lui ses grands bœufs,
Le toucheron rentre au village.

Voici le printemps revenu,
Tout verdit, l’hirondelle arrive :
Il ne sait quel trouble inconnu
Envahit son âme naïve.

Ce matin même, il a causé
Avec la petite Denise,
Sur son épaule elle a posé
Son front, parfumé sous la brise...

Parmi les rudes paysans,
Comme une fleur Denise est fraîche,
Et son visage de douze ans
A le velouté de la pêche.