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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/359

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RODOLPHE DARZENS.


Tes chers yeux disent bien des choses
Musicales ; ta chère voix
— Singulières métamorphoses —
Est une clarté que je vois !

Et tandis qu’éperdu, j’écoute
Avec mes regards tes aveux,
Ta chanson dissipe mon doute,
Nuit plus sombre que tes cheveux !


(Le Psautier de l’Amie)





NOSTALGIE





Il pleut, et l’averse d’octobre
Attriste l’air moins que ton cœur ;
Cède enfin à l’ennui vainqueur
Puisque tout meurt de son opprobre !

Sois lâche et ne résiste plus ;
Ensevelis-toi dans son ombre
Pour voir briller, regards sans nombre,
Les yeux de ton passé confus ;

Car l’amour, clarté glorieuse,
Éclipse ces astres discrets
Tes Souvenirs et des Regrets
Qu’aime la nuit mystérieuse.

Et l’Ennui seul est cette nuit
Où luiront tes anciennes joies..
— Ah ! sois triste, pour que tu voies
Leur lumière humble qui te fuit !


(Le Psautier de l’Amie)