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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/354

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RODOLPHE DARZENS


1865




Rodolphe darzens est né à Moscou le 1er avril 1865. Il attendait sa sortie du collège pour donner son premier volume de vers : La Nuit (1884). À cet âge on s’éprend toujours de quelques aînés, de ceux-là surtout qui semblent mettre un peu d’audace dans leur œuvre et apportent au monde un art nouveau. M. Darzens se laissa d’abord influencer par Charles Baudelaire et Aloïsyus Bertrand, tout en se créant des attaches avec de purs Parnassiens.

Mais en avançant dans la vie littéraire, il s’est peu à peu dégagé de ce qu’il y avait de trop étroit dans ses premiers liens. Sa nature essentiellement ardente ne peut supporter longtemps rien qui ressemble à un emprisonnement. M. Darzens est tout élan et tout flamme. Aussi son lyrisme indépendant a-t-il vite commencé d’éclater d’abord dans Le Psautier de l’Amie (1885), et dernièrement dans cette belle pièce : L’Amante du Christ, où tout est étincelle et vie.

Mieux vaut marcher à pied que de monter dans le char, même triomphal, de quelqu’un, car, en cette posture, on est toujours plus ou moins asservi et annihilé. Que les jeunes poètes le sachent et imitent l’exemple de M. Darzens ! Ils seront comme lui récompensés par le succès, d’avoir renoncé à tout maître et de suivre, pieds et mains libres, le chemin de leur fantaisie.

Les œuvres poétiques de M. Darzens ont été publiées par Lebas, Alcan-Lévy et Lemerre. Ce dernier éditeur a donné encore du même auteur des poèmes en prose : Strophes artificielles.

E. Ledrain.